Derrière une enseigne de pompes funèbres au nom familier se cache souvent un grand groupe détenu par des fonds d’investissement. Face à eux, des coopératives funéraires se développent, comme le relève une enquête de Que Choisir publiée le 21 octobre.
- Deux groupes dominent le secteur : OGF (PFG, Roblot, Pompes Funèbres de France) et Funecap (Roc Eclerc).
- OGF est contrôlé à 74 % par le fonds de pension des enseignants de l’Ontario.
- Les coopératives funéraires, issues de l’économie sociale et solidaire, misent sur un devis maîtrisé et un accompagnement étroit.
- Quelle que soit l’enseigne, le devis écrit, gratuit et standardisé reste obligatoire.
Plan de l'article
Qui contrôle les grandes enseignes funéraires ? #
Selon une enquête de L’Essentiel de l’Éco parue le 22 octobre, OGF, la société qui exploite notamment PFG, Roblot et Dignité Funéraire, appartient depuis 2017 à l’Ontario Teachers’ Pension Plan, le régime de retraite des enseignants de l’Ontario. Le fonds détient 74 % du capital, Pamplona Capital Management 20 % et les dirigeants d’OGF 6 %.
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OGF a aussi racheté au printemps 2026 la totalité de Pompes Funèbres de France, un réseau de franchises d’environ 158 agences ouvertes ou en cours d’ouverture. Les franchisés exploitent les agences localement, mais la société qui pilote l’enseigne appartient désormais au groupe.
Funecap, créé en 2010 par Thierry Gisserot et Xavier Thoumieux, regroupe notamment Roc Eclerc, des agences, des crématoriums et des cimetières. Il est contrôlé par la holding de ses fondateurs aux côtés de Latour Capital, société française de capital-investissement, et de Charterhouse, fonds britannique.
Pourquoi le nom sur la façade ne suffit pas #
Une agence qui porte un nom de famille peut appartenir à cette famille, à un franchisé ou à la filiale d’un groupe. Le devis remis aux proches comporte un logo, une adresse et des prix, mais il ne dit généralement rien de l’actionnaire.
Le marché compte pourtant encore de nombreuses petites entreprises. Maisons familiales, franchisés et réseaux d’indépendants coexistent avec les groupes nationaux. Certaines agences indépendantes partagent une marque commune ou mutualisent leurs achats tout en restant aux mains de leur propriétaire local.
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Pour une famille, la question n’est pas de bannir une enseigne, mais de savoir à qui elle s’adresse et de comparer sur pièces. Dans le Grand Sud comme ailleurs, il est utile de demander directement à l’agence si elle est indépendante, franchisée ou intégrée à un groupe.
Ce que proposent les coopératives funéraires #
L’enquête de Que Choisir raconte la naissance de ce modèle. Un groupe de Nantais, lassé des prix jugés trop élevés, de l’opacité des propositions commerciales et de la pression exercée sur les familles, a créé sa propre entreprise de pompes funèbres sous forme de coopérative.
Dix ans plus tard, le pionnier nantais a fait des petits. Ces coopératives fonctionnent selon les principes de l’économie sociale et solidaire. Elles mettent en avant un devis maîtrisé et un accompagnement étroit des familles, avec des cérémonies personnalisées.
Elles restent minoritaires sur un marché que Que Choisir évalue à environ 3 milliards d’euros par an et qu’elle juge appelé à croître. Mais elles offrent une option de plus à comparer, au même titre qu’une maison familiale ou une agence de réseau.
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Comment comparer les offres sereinement #
Le choix de l’entreprise appartient aux proches, et à eux seuls. Les mairies, hôpitaux, chambres mortuaires et chambres funéraires doivent tenir à disposition la liste des entreprises habilitées, rappelle L’Essentiel de l’Éco.
Depuis le 1er juillet 2025, les entreprises funéraires utilisent un modèle de devis révisé. Ce devis doit être gratuit, écrit, détaillé et standardisé, et remis avant toute opération. Il permet de distinguer les prestations obligatoires des options.
La vigilance reste de mise : en octobre 2024, la DGCCRF avait constaté qu’une majorité des opérateurs contrôlés ne respectait pas complètement les règles applicables aux devis funéraires. Elle recommande de demander un devis écrit et chiffré et de comparer plusieurs offres.
Prendre le temps, même dans l’urgence
Un décès laisse rarement le loisir de réfléchir longtemps. Demander deux ou trois devis prend pourtant peu de temps, et la comparaison se fait ligne à ligne grâce au format standardisé. Un proche moins éprouvé peut s’en charger pour la famille.
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Questions fréquentes #
Qu’est-ce qu’une coopérative funéraire ?
Une entreprise de pompes funèbres organisée en coopérative, selon les principes de l’économie sociale et solidaire. Elle assure les mêmes prestations qu’une agence classique.
Est-on obligé de passer par l’agence proposée par l’hôpital ou la maison de retraite ?
Non. Les proches choisissent librement l’entreprise de pompes funèbres. Les établissements doivent tenir à disposition la liste des entreprises habilitées.
Le devis d’obsèques est-il payant ?
Non. Il doit être gratuit, écrit, détaillé et établi selon le modèle standardisé avant toute opération funéraire.




