Après une crémation, les crématoriums ouvrent des temps de mémoire pour les familles

Après une inhumation, les proches savent où se rendre : il y a une tombe, un nom gravé, un cimetière où revenir. Après une crémation, c’est souvent moins évident, surtout lorsque les cendres ont été dispersées. Pour répondre à ce manque, de plus en plus de crématoriums organisent en novembre des « temps de mémoire » ou des « journées du souvenir », ouverts aux familles endeuillées dans l’année comme à toute personne qui souhaite se recueillir. Deux rendez-vous de cette semaine montrent comment ces cérémonies prennent leur place à côté de la Toussaint.

À Gleizé, une cérémonie collective ce samedi #

Dans le Rhône, le crématorium de Gleizé, près de Villefranche-sur-Saône, organise ce samedi un temps de mémoire dans sa salle de cérémonie, rapporte Le Progrès. L’équipement est géré par le groupe OGF en délégation de service public pour la communauté d’agglomération, et ce rendez-vous a lieu chaque année autour de la Toussaint.

Le point de départ est simple, explique le quotidien : après une crémation, les proches ne disposent pas toujours d’un lieu dédié pour venir se recueillir. « Nous continuons d’accompagner les proches endeuillés après les obsèques. Nous souhaitons leur offrir un moment privilégié de souvenir dans un lieu devenu symbolique, pour rendre un nouvel hommage à leur proche », résume Alexis David, responsable du crématorium.

À lire Décès d’un enfant : congé de deuil, allocation de la CAF, les droits des parents trop souvent ignorés

La cérémonie est préparée et accompagnée par l’équipe du site. Lectures, musiques, prises de parole et gestes symboliques s’y succèdent, chacun pouvant s’exprimer pour faire vivre le souvenir du défunt. Un moment de convivialité prolonge ensuite la cérémonie, pour permettre aux familles d’échanger entre elles.

À Bayeux, portes ouvertes et histoire des rites #

En Normandie, le crématorium de Bayeux reconduit pour sa part sa Journée du souvenir le mercredi 11 novembre. Selon La Manche Libre, il s’agit de la deuxième édition, après une première marquée par des portes ouvertes et un concert. Cette année, le site proposera des visites de ses locaux le matin, puis une conférence sur l’histoire des pratiques funéraires en Normandie à 15 heures.

Ouvrir les portes d’un crématorium peut surprendre. C’est pourtant une manière de lever une part de l’appréhension qui entoure la crémation, et de permettre à ceux qui y ont accompagné un proche de revenir dans un cadre plus apaisé que celui des obsèques.

Pourquoi ces rendez-vous comptent dans le deuil #

Le deuil ne s’arrête pas le jour de la cérémonie. Les premiers mois sont souvent occupés par les démarches, la succession, l’organisation du quotidien. Le chagrin revient ensuite par vagues, notamment aux dates marquantes : anniversaire, fêtes de fin d’année, Toussaint. Un rendez-vous collectif, quelques mois après les obsèques, offre un moment pour s’arrêter.

À lire Condoléances en arabe : les formules courantes et leur sens

Le caractère collectif a aussi son importance. Se retrouver avec d’autres familles qui ont traversé la même épreuve dans l’année rappelle qu’on n’est pas seul. Pour certaines personnes, c’est aussi l’occasion de dire ce qu’elles n’ont pas pu exprimer pendant les obsèques, prises par l’émotion ou par l’organisation.

Un lieu de recueillement quand les cendres sont dispersées

Le besoin d’un lieu est d’autant plus fort que la loi encadre strictement le devenir des cendres. Depuis la loi du 19 décembre 2008 relative à la législation funéraire, les cendres ont un statut comparable à celui d’un corps inhumé, et il n’est plus possible de conserver l’urne à domicile. Comme le rappelle une réponse ministérielle publiée à l’Assemblée nationale, l’article L. 2223-18-2 du code général des collectivités territoriales fixe une liste limitée de destinations : l’urne peut être inhumée dans une sépulture, déposée dans un columbarium ou scellée sur un monument funéraire, dans un cimetière ou un site cinéraire ; les cendres peuvent aussi être dispersées dans un espace aménagé d’un cimetière ou d’un site cinéraire, ou en pleine nature, sauf sur les voies publiques.

Lorsque les cendres sont dispersées en pleine nature, une déclaration doit être faite à la mairie de la commune de naissance du défunt, qui inscrit l’identité de la personne, la date et le lieu de la dispersion sur un registre. Cette démarche permet de garder une trace du lieu, même lorsqu’aucune plaque ne le signale.

Préparer sa venue #

Comme à Gleizé, ces cérémonies sont souvent ouvertes à tous, mais il est utile de se renseigner auprès du crématorium pour connaître l’horaire et le déroulé. Certaines familles apportent une photo, un objet ou un texte. D’autres viennent simplement écouter. Il n’y a pas de bonne façon de participer : l’essentiel est que chacun puisse y trouver un moment pour lui.

À lire La nouvelle législation funéraire 2024 : découvrez comment le délai d’enterrement passe à 14 jours pour mieux respecter votre deuil et la santé publique

Si aucun crématorium proche n’organise de temps de mémoire, rien n’empêche de créer son propre rituel : se retrouver en famille sur le lieu de dispersion, au jardin du souvenir, ou autour d’un repas à une date choisie. L’entreprise de pompes funèbres qui a accompagné les obsèques peut aussi indiquer les rendez-vous de souvenir organisés dans le secteur.

Pompes Funèbres Grand Sud est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Accompagnement Deuil

Sites partenaires — Société & Associations : Annuaire Coach De Vie · 2D4D · 123Logement